

Parfois autour d’un café (d’une bière) ou en visioconférence si la distance nous sépare. Officiellement, nous sommes là pour parler de votre mariage, du déroulement de la journée, des horaires, des lieux…
Mais, très honnêtement, ces sujets occupent rarement toute la conversation. Très vite, vous me racontez comment vous vous êtes rencontrés. Pourquoi vous avez choisi ce lieu plutôt qu’un autre.
Vous me parlez de votre famille, de vos amis, de cette grand-mère qui compte énormément pour vous ou de ce témoin dont vous êtes certains qu’il ne terminera jamais son discours sans avoir les yeux humides.
Sans vraiment nous en rendre compte, nous faisons déjà connaissance et c’est précisément pour cette raison que je ne photographie jamais des inconnus.
Quelques semaines ou quelques mois avant le mariage, nous nous retrouvons souvent une seconde fois.
Cette fois, avec un appareil photo et on appelle ça une séance engagement (ou fiancailles comme vous voulez).
Cette séance permet de faire disparaître cette petite gêne que presque tous les couples ressentent au début. Vous découvrez que je ne vais pas vous demander de jouer un rôle, que je préfère une conversation à une pose, un éclat de rire à un sourire fabriqué.
Moi, je découvre votre façon d’être ensemble. Il y a des couples qui se taquinent sans arrêt, d’autres qui communiquent presque uniquement avec un regard, certains marchent toujours main dans la main, d’autres éclatent de rire pour un rien.
Toutes ces petites choses sont invisibles sur une fiche de préparation mais elles racontent déjà énormément de vous.
Quand j’arrive le matin des préparatifs, je ne rencontre pas deux inconnus. Je retrouve deux personnes avec qui j’ai déjà partagé un morceau de chemin.
La glace est déjà brisée, vous savez comment je travaille, je sais ce qui est important pour vous et cela change énormément de choses.
Au fil des échanges, je découvre aussi les personnes qui vous entourent. Vous me racontez votre frère qui cache toujours ses émotions derrière une plaisanterie, votre meilleure amie avec qui vous avez tout traversé, vos parents, vos grands-parents.
Ces anecdotes pourraient sembler anodines. Pour moi, elles sont précieuses parce qu’elles me permettent de comprendre les liens qui vous unissent et lorsqu’arrive le mariage, je ne photographie plus seulement des visages.
Je photographie des relations.
Le matin du mariage, je prends toujours quelques minutes avant de sortir mon appareil photo.
Je dis bonjour, serre des mains, prends des nouvelles, plaisante avec les témoins, discute avec les parents, remercie les personnes qui m’accueillent.
Ce ne sont pas de grandes choses mais ce sont elles qui permettent à chacun de se sentir à l’aise.
Petit à petit je trouve ma place, je ne cherche pas à devenir un invité.
Je ne cherche pas non plus à rester un simple prestataire, j’essaie d’être cette présence en qui l’on a confiance.
Une présence respectueuse, naturelle, qui accompagne la journée sans jamais la diriger.
Bien sûr, j’aime quand un couple me dit qu’il adore ses photos mais il y a une phrase qui me touche encore davantage.
“David, on avait l’impression que tu faisais partie de nos invités.”
Parce qu’elle ne parle ni de technique, ni de photographie, elle parle de confiance.
Cette confiance, nous ne l’avons pas construite le matin du mariage, nous avons commencé à la construire bien avant.
Conversation après conversation, photo après photo, rendez-vous après rendez-vous.
Finalement, le titre de cet article n’était pas une formule, c’était simplement la vérité.
Vous l’avez compris, lorsque j’arrive le jour de votre mariage, je ne viens pas découvrir deux inconnus. Je retrouve deux personnes qui m’ont confié un morceau de leur histoire.
Deux personnes qui m’ont ouvert les portes de leur famille, de leurs souvenirs, de leurs émotions et de leur confiance.
Je mesure, à chaque mariage, le privilège que cela représente. Parce qu’au fond, vous ne choisissez pas seulement un photographe mais la personne qui sera présente dans certains des instants les plus précieux de votre vie.
Et ça, je ne le considérerai jamais comme quelque chose d’ordinaire.
Si vous avez pris le temps de lire ces cinq volumes, alors vous connaissez désormais ma manière de voir les choses :
Alors, si en refermant cette série vous avez simplement l’impression que nous nous connaissons déjà un peu.
C’est peut-être le plus beau début que pouvait avoir notre rencontre.
Si vous passez par là et je sais qu’il y a de grandes chances que ce soit le cas.
Merci.
Merci pour vos encouragements, votre confiance, vos recommandations.
Merci de continuer à me confier vos moments de vies, de me rappeler pour photographier vos familles qui s’agrandissent, de parler de moi à vos amis, à vos proches, à vos collègues.
Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais vous êtes une immense partie de cette aventure. En écrivant cette série d’articles, j’ai ressenti beaucoup de choses.
J’en ai ressenti encore davantage en replongeant dans vos reportages pour y choisir quelques images.
C’est grâce à vous que j’ai grandi.
Grâce à vous que j’ai appris à regarder autrement.
Grâce à vous que j’ai rencontré des personnes extraordinaires.
Alors, du fond du cœur, Merci.
Prenez soin de vous.
J’espère que nos chemins se recroiseront encore, au détour d’une séance en famille, d’un anniversaire, d’une naissance ou simplement autour d’un café.
Avec toute mon affection,
David